Critique

Hannibal Lecter : les origines du mal

Titre original : Hannibal Rising

IMDb 6.2 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 16%
Critique
Affiche de Hannibal Lecter : les origines du mal

Hannibal Lecter : les origines du mal

Hannibal Lecter : Les Origines du mal, en 2007, remonte l’enfance et la jeunesse du monstre le plus policé du thriller moderne pour lui donner une genèse traumatique, balte, élégante et légèrement ridicule. Gaspard Ulliel, Gong Li, Rhys Ifans, Dominic West et Kevin McKidd évoluent sous la direction de Peter Webber dans un film que tout le monde a traité comme une hérésie opportuniste. Peut-être. Mais l’hérésie peut aussi être un genre. Ulliel, justement, prend son Hannibal avec un sérieux un peu trop beau, ce qui crée une étrangeté intéressante ; Gong Li apporte une violence aristocratique bienvenue. Webber, après La Jeune Fille à la perle, filme l’horreur avec un goût du tissu, du couteau et du souvenir qui rend l’ensemble bien plus singulier qu’un simple slasher d’origine.

2007 est aussi l’année où l’on voit exploser dans la culture pop la manie des origin stories, des débuts expliqués, des franchises remontées jusqu’au premier traumatisme. Hannibal Rising appartient pleinement à cette maladie industrielle. Mais il le fait avec une sorte de décadence de bon élève, comme s’il savait déjà que donner une enfance à la monstruosité est une mauvaise idée, et qu’il fallait donc la filmer comme une erreur luxueuse.

Le film ne devrait pas fonctionner. Et pourtant, il persiste, avec son mauvais goût historique et sa soie sanglante. Il ne tue pas le mystère ; il le rend plus absurde. C’est une perte pour le mythe, mais un petit gain pour le plaisir d’observer une franchise se livrer à des exégèses dangereusement raffinées.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un couteau d’apparat aurait été neutralisé après avoir “réclamé une trajectoire plus psychanalytiquement ambitieuse” dans le story-board.