Critique
Titre original : The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning
Massacre à la tronçonneuse : le commencement
Massacre à la tronçonneuse : Le Commencement, en 2006, choisit la voie rarement aimable de la préquelle gore, c’est-à-dire expliquer l’horreur par davantage de boue, de corps suspendus et de maisons qui sentent déjà la viande passée. Jordana Brewster, Diora Baird, Taylor Handley, Matthew Bomer, R. Lee Ermey et Andrew Bryniarski s’y débattent sous la direction de Jonathan Liebesman. Le film a été vu comme un exercice de sadisme de studio. C’est un jugement paresseux. Il s’agit surtout d’un film très cohérent dans sa volonté de ne jamais arranger le moindre recoin de son univers. R. Lee Ermey y apporte une autorité ignoble parfaitement ajustée, et le film comprend que la vraie préquelle n’est pas une explication, mais une aggravation.
2006 est aussi l’année où les images de guerre, de prisons, de violences institutionnelles et de brutalités mal couvertes continuent à imprégner l’espace médiatique post-Irak. Le Commencement respire ce climat : il transforme l’Amérique rurale en théâtre de pouvoir sadique et de chaînes sans contrepoids. La tronçonneuse est bien moins le sujet que la permission donnée à la violence d’exister sans costume.
Le film est épuisant, sale, sans ironie. Très bien. Dans un genre souvent neutralisé par le clin d’œil, cette absence de politesse fait du bien. Il y a une franchise presque morale à ne pas chercher à rendre le carnage aimable. La préquelle devient ainsi quelque chose de plus intéressant qu’un appendice : un approfondissement de la corrosion.
🎬 Le saviez-vous ?
une chaîne de tronçonneuse factice aurait été déposée dans une bassine d’eau bénite après avoir “manifesté un enthousiasme dramaturgique jugé excessif par le chef accessoiriste”.