Critique

Honey

IMDb 5.3 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de Honey

Honey

Honey, en 2003, transforme Jessica Alba en danseuse-chorégraphe de clip déterminée à ouvrir un centre pour jeunes pendant que le clip vidéo, les corps et les ambitions de quartier s’entrechoquent. Le film a été snobé comme pur produit MTV de transition, ce qui est déjà une excellente raison de le défendre. Jessica Alba, qu’on sous-estime trop souvent dans ce registre, possède ici une évidence physique qui vaut mieux que bien des performances dites sérieuses ; Mekhi Phifer et Lil’ Romeo apportent une énergie de milieu, de groupe, de circulation. Bille Woodruff, venu du clip, sait que le mouvement est déjà une manière de raconter et ne s’excuse jamais d’en faire sa priorité.

2003 est aussi l’année où l’invasion de l’Irak redéfinit brutalement les images dominantes à la télévision, mais où la culture pop continue, en parallèle, à produire des rêves de mobilité sociale et de visibilité urbaine via le clip, le R&B, la danse. Honey appartient à cette double époque : celle où les écrans sont à la fois lieux de violence globale et d’ascension fantasmée. Le film ne commente pas cette fracture ; il la traverse.

Ce qu’il a pour lui, c’est son absence de honte. Il croit à la danse comme issue, à la chorégraphie comme socialisation, au clip comme horizon. C’est daté, oui. C’est aussi un document très honnête sur une période où le corps filmé était encore présenté comme promesse d’émancipation plus que comme contenu à optimiser.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une enceinte de répétition aurait cessé de fonctionner après avoir déclaré qu’elle “refusait de diffuser un beat sans garantie de progression personnelle collective”.