Critique

Regression

IMDb 5.7 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 15%
Critique
Affiche de Regression

Regression

Regression, en 2015, prend Ethan Hawke, Emma Watson et David Thewlis dans un climat de paniques sataniques, de régression hypnotique et de secrets collectifs sous la direction d’Alejandro Amenábar. Le film a été très mal reçu, notamment parce qu’il semblait promettre un grand thriller métaphysique avant de s’échouer dans la grisaille. Pourtant cette grisaille est peut-être sa vraie réussite. Ethan Hawke y apporte une usure crédible ; Emma Watson, souvent encore prisonnière de son image post-Potter, trouve ici une fragilité exploitée sans grand raffinement mais avec une certaine justesse. Amenábar, après Les Autres et Mar adentro, choisit un film volontairement morose, presque sans plaisir. C’est un pari.

2015 est aussi l’année où les paniques morales numériques, les théories complotistes et les emballements médiatiques se propagent à grande vitesse sur les réseaux. Regression, qui parle justement d’une société capable de produire de faux récits collectifs à partir de peur et de suggestion, gagne beaucoup à être replacé dans ce climat. Il n’est pas simplement sur les années 1990 sataniques ; il est déjà sur la crédulité moderne.

Le film ne parvient pas toujours à transformer son malaise en grande forme. Mais il garde une qualité rare : il refuse le sensationnalisme facile sur un sujet qui l’appelait. À force d’être terne, il devient presque austère. Et cette austérité a sa noblesse, surtout dans un cinéma de l’horreur psychologique souvent bien trop satisfait de lui-même.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cassette d’hypnose factice aurait été mise sous cadenas après avoir “provoqué un début de régression décorative chez trois accessoires de bureau”.