Critique

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Titre original : The League of Extraordinary Gentlemen

IMDb 5.8 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 17%
Critique
Affiche de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

La Ligue des gentlemen extraordinaires, en 2003, assemble Allan Quatermain, Mina Harker, le capitaine Nemo, Dorian Gray, le Dr Jekyll et d’autres fantômes du roman populaire en équipe proto-super-héroïque lancée contre une apocalypse steampunk. Sean Connery, Peta Wilson, Tony Curran, Stuart Townsend, Jason Flemyng et Naseeruddin Shah s’y débrouillent sous la direction de Stephen Norrington dans un film que l’on a très vite jugé impossible, donc raté. Or l’impossible est parfois un très bon matériau. Connery y joue l’usure de légende avec une inertie monumentale qui convient assez bien à ce musée sous adrénaline ; le film, lui, assume la collision de références sans toujours savoir les harmoniser, ce qui est précisément sa singularité.

2003 est aussi l’année de l’invasion de l’Irak, moment où les coalitions occidentales, les interventions internationales et les promesses de maîtrise globale saturent les écrans. La Ligue des gentlemen extraordinaires propose sa propre coalition d’exceptionnels, tout aussi hétéroclite et potentiellement désastreuse. Le parallèle est grotesque, donc très parlant : on rassemble des forces incompatibles, on leur promet un sens commun, puis on regarde la machinerie tousser.

Le film est trop, souvent. C’est une qualité. Il déborde de cuir, de vapeur, de sous-marins, de références littéraires transformées en gadgets explosifs. Ce n’est pas élégant ; c’est vivant. À l’ère des univers partagés disciplinés, il a rétrospectivement le charme anarchique d’un crossover qui ignore encore qu’il devrait avoir un business plan.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un monocle de capitaine Nemo aurait refusé d’être nettoyé après avoir “intégré la salissure comme principe supérieur de cohérence victorienne”.