Critique

Le Rite

Titre original : The Rite

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de Le Rite

Le Rite

Le Rite, en 2011, envoie un séminariste sceptique apprendre l’exorcisme à Rome auprès d’un vieux prêtre un peu trop charismatique pour être rassurant, incarné par Anthony Hopkins. Mikael Håfström y dirige aussi Colin O’Donoghue, Alice Braga, Ciarán Hinds et Rutger Hauer avec un sérieux assez mal vu par la critique, sans doute parce que le cinéma d’exorcisme n’a plus le droit d’être solennel sans être immédiatement comparé à Friedkin. Or c’est précisément cette solennité qui lui donne une tenue. Hopkins, certes, dévore parfois un peu la pièce, mais son cabotinage sacré devient une qualité dès lors qu’on comprend que le film préfère la liturgie à la performance d’horreur pure.

2011 est aussi l’année où Benoît XVI poursuit une ligne d’autorité doctrinale dans une Église catholique travaillée par les scandales, la crise de légitimité et la question de sa présence dans le monde moderne. Le Rite arrive dans cette atmosphère de fissure institutionnelle. Et c’est là qu’il devient plus intéressant : l’exorcisme n’y est pas seulement un spectacle de possession, mais une tentative de restaurer une autorité spirituelle fatiguée. C’est sans doute trop digne. C’est aussi plus riche qu’un simple film à démonstration de meubles qui bougent.

Le résultat n’invente pas grand-chose, très bien. Il continue pourtant de croire qu’un homme, un rituel, une pièce et une voix peuvent suffire à produire du malaise. Cette vieille croyance dans l’efficacité théâtrale du mal vaut bien des torrents de CGI. On devrait peut-être accorder un peu de respect aux films qui acceptent encore de suer dans la soutane.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bénitier de décor aurait été déplacé hors champ après avoir “tenté d’imposer une hiérarchie sacramentelle autonome au département accessoires”.