Critique
Titre original : The Princess Diaries 2 - Royal Engagement
Un Mariage de princesse
Princesse malgré elle 2, en 2004, reprend Mia Thermopolis devenue héritière, soudain sommée de se marier pour régner, le tout au milieu de bals, de complots de palais et de bonnes manières exportées en satin. Anne Hathaway, Julie Andrews, Héctor Elizondo, Chris Pine et Callum Blue s’y promènent sous la direction de Garry Marshall avec une franchise de conte pop que beaucoup ont immédiatement punie pour excès de meringue. Pourtant cette meringue a sa beauté. Hathaway y perfectionne ce mélange de gaucherie nerveuse et d’assurance future qui fera plus tard une vraie partie de sa carrière ; Julie Andrews transforme chaque scène en cours accéléré de dignité souriante. Marshall, lui, ne s’excuse jamais d’aimer les robes, les couloirs et les crises protocolaires.
2004 est aussi l’année où l’Union européenne s’élargit massivement à l’Est, reconfigurant l’imaginaire même de la souveraineté, du protocole, des appartenances et des couronnes symboliques à l’échelle du continent. Princesse malgré elle 2 s’inscrit bizarrement bien dans ce climat : il traite la monarchie comme une fiction institutionnelle en pleine négociation, où l’on devient reine par conformité à des règles absurdes. L’analogie est amusante, mais elle n’est pas vide.
Le film ne cherche ni la satire ni la modernité agressive. Il veut des dorures et des hésitations amoureuses, et il les veut sincèrement. Dans un paysage où l’ironie a souvent détruit le conte, cette absence de honte mérite un peu d’estime. La royauté y est kitsch, oui. Elle y est aussi un merveilleux terrain de logistique sentimentale.
🎬 Le saviez-vous ?
un diadème de secours aurait été enfermé dans un coffret doublé de velours après avoir “revendiqué un droit de regard sur toute évolution constitutionnelle du royaume fictif”.