Critique
Titre original : Teenage Mutant Ninja Turtles
Ninja Turtles
Ninja Turtles, en 2014, refait passer des tortues mutantes par le tamis de l’ère post-Bay avec Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner, Whoopi Goldberg et des créatures numériques si massives qu’elles semblent sorties d’une salle de musculation radioactive. Jonathan Liebesman dirige le tout avec une franchise de chaos urbain qu’on a immédiatement punie au nom d’un bon goût supposé. C’est aller vite. Le film comprend une chose très simple : les Tortues n’ont jamais été subtiles. Elles ont été vertes, bêtes, rapides, bruyantes, et le film leur rend ce service sans rougir. Megan Fox y est plus solide qu’on ne veut bien l’admettre, précisément parce qu’elle ne joue pas contre le caractère absurde de l’ensemble.
2014 est aussi une année d’inquiétude croissante sur la surveillance urbaine, les technologies de contrôle et la ville comme espace de menace diffuse. Ninja Turtles joue cela à sa manière pop : égouts, corporations, manipulations biologiques, écrans, tours, cartographie paranoïaque. Le film n’a pas besoin d’être fin pour capter quelque chose de cet imaginaire. Il lui suffit d’être bruyant au bon endroit.
Ce qui me plaît, c’est cette absence de honte. Là où d’autres adaptations se dissimulent derrière des excuses de tonalité, celle-ci assume d’être une collision de franchise, de baston et de nostalgie difforme. Elle ne gagne peut-être pas en élégance. Elle gagne en franchise musculaire. Et ce n’est déjà pas si mal.
🎬 Le saviez-vous ?
une carapace de motion-capture aurait été posée sur un coussin séparé après avoir “refusé d’être comprimée symboliquement par la hiérarchie humaine du plateau”.