Critique

Eh mec, elle est où ma caisse ?

Titre original : Dude, Where's My Car?

IMDb 5.5 / 10
Allociné 2.6 / 5
Rotten T. 17%
Critique
Affiche de Eh mec, elle est où ma caisse ?

Eh mec, elle est où ma caisse ?

Eh mec ! Elle est où ma caisse ?, en 2000, fait errer deux abrutis sympathiques dans une journée post-fête devenue odyssée cosmique de pudding, de secte, de strip-teaseurs et d’aliens vaguement yogiques. Ashton Kutcher, Seann William Scott, Jennifer Garner, Marla Sokoloff et Kristy Swanson y tournent sous la direction de Danny Leiner dans un film qu’on a beaucoup pris pour un simple produit de l’idiotie milléniale. Or cette idiotie a sa géographie, son tempo et presque sa philosophie. Kutcher et Scott y jouent la vacuité comme si elle était un état naturel du cerveau américain au tournant du siècle, et c’est d’une exactitude troublante.

L’an 2000 est évidemment celui des angoisses de bug, de changement de millénaire, de panique symbolique autour du vide et du redémarrage. Eh mec ! Elle est où ma caisse ? répond à tout cela par un trou noir du quotidien : on a perdu la voiture, donc le monde entier devient quête métaphysique de parking. Peu de films ont compris aussi clairement que l’entrée dans le nouveau millénaire pouvait se vivre comme une gigantesque gueule de bois cognitive.

Le film est stupide, oui, mais d’une stupidité très cohérente. Il ne se contente pas de juxtaposer des gags ; il dérive réellement dans une logique d’après-coup permanent. À force d’être moqué, il a presque cessé d’être vu pour ce qu’il est : un document très pur sur l’épuisement joyeux de la culture teen pré-11 septembre.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un tatouage “Dude” de réserve aurait été enfermé sous plastique après avoir “développé une autorité spirituelle excessive sur la continuité scripturale”.