Critique
Titre original : Hide and Seek
Trouble jeu
Cache-cache, en 2005, transforme un deuil familial en thriller psychologique où Robert De Niro regarde sa petite fille, incarnée par Dakota Fanning, se fabriquer un ami imaginaire beaucoup trop présent. John Polson y dirige aussi Famke Janssen et Elisabeth Shue dans un film souvent réduit à un twist movie de plus. C’est un peu expéditif. Dakota Fanning, surtout, y apporte une étrangeté froide qui dépasse largement le dispositif ; De Niro, quant à lui, semble jouer comme s’il savait très bien que le film ne mérite pas totalement son sérieux, ce qui lui donne un trouble supplémentaire. Polson filme la maison, les couloirs et les dessins d’enfant avec une discipline suffisante pour maintenir le malaise.
2005 est aussi l’année où l’on parle de plus en plus de stress post-traumatique, de santé mentale et de vulnérabilité familiale dans un paysage occidental encore travaillé par les suites du 11 septembre et des guerres associées. Cache-cache ne pense pas cela frontalement, mais il flotte dans cette culture du trauma domestique, du père abîmé, de l’enfant inquiétante parce qu’elle absorbe ce qui la dépasse. C’est moins bête que sa réputation de thriller du dimanche ne l’indique.
Le film n’est pas révolutionnaire, soit. Il croit pourtant encore au pouvoir des rideaux, des portes, des dessins et des silences. On ne devrait pas mépriser si vite les œuvres qui acceptent de faire peur avec si peu. Son côté daté devient presque sa force : il appartient à une période où l’intime hanté n’avait pas encore besoin de quinze couches de méta-commentaire.
🎬 Le saviez-vous ?
un crayon rouge de décor aurait été confisqué après avoir “dessiné seul trois variantes du trauma parental sur la table de lecture”.