Critique

Alvin et les Chipmunks

Titre original : Alvin and the Chipmunks

IMDb 5.2 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 28%
Critique
Affiche de Alvin et les Chipmunks

Alvin et les Chipmunks

Alvin et les Chipmunks, en 2007, prend un compositeur raté, lui colle trois écureuils numériques à voix aiguë et transforme la catastrophe sonore en machine familiale hautement rentable avec Jason Lee, Cameron Richardson, David Cross et les voix trafiquées d’une ménagerie pop. Le film a été méprisé pour à peu près toutes les raisons imaginables. Et pourtant, ce mépris manque l’essentiel : il s’agit d’un grand film sur l’irritation comme modèle économique. Jason Lee y joue admirablement l’homme à deux doigts de la rupture ; les écureuils, eux, sont littéralement des contenus à monétiser avant l’heure. Le film le sait, et ne s’en cache jamais vraiment.

2007, c’est l’année de l’iPhone, de la portabilité généralisée et du début d’une économie culturelle où l’attention devient plus fragmentée, plus rapide, plus portable, plus criarde aussi. Alvin et les Chipmunks comprend cela très bien. Il transforme la mignonnerie sonore en dispositif d’occupation totale de l’espace. C’est une agression, oui. C’est aussi une intuition parfaite de ce que sera bientôt la consommation culturelle familiale.

Le film n’a pas de noblesse ; c’est encore une vertu. Il ne prétend pas élever le goût, il le harcèle joyeusement. À l’heure où tant de produits enfants cherchent à se blanchir par un supplément d’intelligence complice pour adultes, celui-ci assume son statut de chaos premium. On a connu plus hypocrite.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un gland d’accessoire aurait été placé sous haute surveillance après avoir “tenté de négocier un album solo avec l’ingénieur son”.