Critique
Titre original : This Means War
Target
Target, en 2012, prend deux agents secrets rivaux tombés amoureux de la même femme et transforme cela en comédie romantique militarisée avec Reese Witherspoon, Chris Pine, Tom Hardy, Chelsea Handler et Til Schweiger sous la direction de McG. Le film a été jugé grotesque, c’est-à-dire exactement ce qu’il fallait être. Pine et Hardy y jouent la rivalité virile comme une bataille de laboratoire entre deux formes opposées de séduction corporate ; Witherspoon, de son côté, assume avec un professionnalisme très respectable la position impossible de l’objet central d’un délire masculin armé. McG ne fait pas du raffinement ; il fait du mixage de genres en état d’urgence.
2012 est aussi l’année des campagnes présidentielles ultra-médiatisées aux États-Unis, de la data électorale, des stratégies de ciblage et de la concurrence pour l’attention. This Means War ressemble exactement à cette époque : une femme devient littéralement l’espace de compétition entre deux machines d’optimisation. Le film ne s’en rend pas totalement compte, ce qui le rend encore plus parlant.
Il est lourd, oui. Mais sa lourdeur est révélatrice. Il ne déguise pas son imaginaire de possession sous des fleurs de scénario. Tout y est guerre, protocole, surveillance, manipulation, gadgets. En ce sens, le titre est probablement plus intelligent que le film. Cela suffit souvent à sauver un objet de studio.
🎬 Le saviez-vous ?
un drone miniature aurait été débranché après avoir “commencé à surveiller émotionnellement le triangle amoureux sans mandat narratif clair”.