Critique
Titre original : Lara Croft Tomb Raider - The Cradle of Life
Lara Croft Tomb Raider le Berceau de la Vie
Tomb Raider : Le Berceau de la vie, en 2003, renvoie Angelina Jolie de temple en temple, de moto en sous-marin, de combinaison mouillée en relique apocalyptique, avec Gerard Butler, Ciarán Hinds, Noah Taylor et Djimon Hounsou sous la direction de Jan de Bont. Le film a été jugé comme une séquelle inutile, trop touristique, trop absurde, trop tout. Je dirais plutôt : exactement assez. Jolie y tient l’écran avec une autorité physique qui suffit presque à justifier n’importe quel bond à travers le globe ; de Bont, ancien chef opérateur devenu baron du mouvement déraisonnable, filme l’aventure comme un système de propulsion continue. Il a raison.
2003 est aussi l’année de l’invasion de l’Irak, avec tout ce que cela réactive d’imaginaire occidental sur les ruines, les trésors, l’Orient archéologique et les interventions au nom d’objets supposément plus grands que les peuples qui vivent autour. Tomb Raider : Le Berceau de la vie appartient de plein fouet à cette imagerie. Il l’exacerbe au lieu de la dissimuler. C’est problématique, bien sûr. C’est aussi une archive très claire du regard de son époque sur l’aventure mondiale.
Le film ne s’excuse jamais de vouloir encore des temples, des artefacts, des cartes et des combinaisons en latex. Cette absence de complexe est son meilleur argument. On peut bien lui reprocher sa bêtise ; elle est au moins mobile, brillante et menée par une actrice dont la pure présence suffit à donner du relief aux continents.
🎬 Le saviez-vous ?
une relique de plastique translucide aurait été rangée dans un coffre étanche après avoir “réclamé le statut de catastrophe mythologique principale plutôt que simple MacGuffin décoratif”.