Valentine's Day
Valentine’s Day, en 2010, entasse une demi-douzaine de vedettes et au moins autant d’intrigues romantiques à Los Angeles pour prouver que le 14 février peut encore soutenir une industrie entière de fleurs, de déceptions et de déclarations tardives. Garry Marshall y dirige Julia Roberts, Anne Hathaway, Jessica Alba, Ashton Kutcher, Bradley Cooper, Jennifer Garner, Emma Roberts, Taylor Swift, Taylor Lautner, Jamie Foxx et bien d’autres avec une absence totale de honte structurelle. Et c’est justement ce qui rend le film attachant. Il ne cherche jamais à justifier son principe de boîte de chocolats narrative ; il l’assume comme un système. Chaque star y devient moins un personnage qu’un ingrédient, et cette logique de grande vitrine sentimentale a quelque chose de très honnête.
2010 est aussi l’année où les réseaux sociaux deviennent définitivement centraux dans la mise en scène de soi, du couple et de la sociabilité publique. Valentine’s Day appartient exactement à ce moment : il fonctionne comme un fil d’actualité sentimental avant l’heure, où les émotions s’enchaînent par modules, où chacun poste sa petite crise, son couple, sa rupture, son espoir. Le film ne l’analyse pas, il l’incarne.
Ce qui sauve l’ensemble, c’est sa mécanique de carton-pâte assumée. Là où Love Actually gardait une fausse noblesse britannique, Valentine’s Day préfère la transparence du produit hollywoodien massif. Très bien. Il y a une forme de grandeur à faire circuler autant de gens célèbres dans autant de décorations de supermarché affectif sans jamais cligner des yeux. On peut bien sûr ricaner. On peut aussi reconnaître la puissance industrielle de ce genre de niaiserie chorale.
🎬 Le saviez-vous ?
un bouquet de roses de plateau aurait été placé sous contention après avoir “revendiqué un rôle transversal dans l’architecture émotionnelle des dix-huit sous-intrigues”.