Critique

Annabelle

IMDb 5.4 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 29%
Critique
Affiche de Annabelle

Annabelle

Annabelle, en 2014, prend la poupée la plus marketée du cinéma d’horreur contemporain et lui offre une origine entre maison bien tenue, satanistes de voisinage et maternité harcelée. John R. Leonetti dirige Annabelle Wallis, Ward Horton, Alfre Woodard et Tony Amendola avec un sérieux de banlieue hantée qui a été jugé trop appliqué. Pourtant cette application fait le prix du film. Annabelle Wallis, loin de la diva de scream queen, apporte une nervosité utile ; Leonetti, chef opérateur aguerri, sait exactement comment placer une chambre, un couloir, une veilleuse et une ombre pour que le cadre devienne système. Le film préfère l’architecture de la peur à la théologie bavarde. Je ne vais pas l’en blâmer.

2014 est aussi l’année où l’affaire Rosetta fascine le monde scientifique : on envoie un objet humain se poser sur un autre, on tente d’y lire des signes. Annabelle procède à sa façon, bien plus modeste et bien plus perverse : on installe un objet dans la maison et l’on découvre que c’est lui qui vous observe. Le parallèle est ridicule, donc presque élégant.

Le film ne révolutionne rien. Il continue pourtant de croire à la mise en place, à l’attente, à la porte entrouverte, au mouvement de berceau. Cette foi artisanale dans le cadre devrait suffire à lui gagner un minimum de respect. Dans le musée des franchises d’horreur trop conscientes d’elles-mêmes, Annabelle a au moins le mérite de trembler encore sérieusement.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une poupée de remplacement aurait été enfermée dans un placard métallique après avoir “pris des initiatives d’ambiance sans autorisation du département possession”.