Critique

La Vie devant ses yeux

Titre original : The Life Before Her Eyes

IMDb 6.4 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 23%
Critique
Affiche de La Vie devant ses yeux

La Vie devant ses yeux

The Life Before Her Eyes, en 2007, part d’une survivante de fusillade scolaire devenue femme adulte et fait vaciller sans cesse le film entre souvenir, fantasme, trauma reconstruit et récit impossible. Uma Thurman, Evan Rachel Wood, Eva Amurri, Gabrielle Brennan et Brett Cullen y évoluent sous la direction de Vadim Perelman avec une gravité volontairement incertaine. Le film a été largement rejeté comme mélodrame manipulateur. Je trouve le procès paresseux. Uma Thurman, ici, ne joue pas le contrôle cool qu’on connaît chez Tarantino ; elle laisse entrer une fatigue vide qui colle très bien au sujet. Perelman, après House of Sand and Fog, ose encore croire qu’on peut traiter un trauma américain majeur par le prisme de l’onirisme et du doute. C’est risqué. C’est digne d’intérêt.

2007 est aussi l’année de Virginia Tech, ce qui reconfigure brutalement et à nouveau l’imaginaire public des fusillades de masse aux États-Unis. The Life Before Her Eyes sort dans ce climat-là, où le sujet n’est plus seulement mémoriel mais cruellement présent. Cela le rend forcément vulnérable. Cela lui donne aussi une charge que son aspect flottant a sans doute empêché beaucoup de voir.

Le film n’est pas toujours équilibré, très bien. Mais il refuse de réduire le traumatisme à une ligne narrative rationnelle. Cette décision, à elle seule, mérite qu’on le traite autrement que comme un exercice de prestige triste. Il reste bancal, oui. Comme le traumatisme, précisément.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pupitre de classe aurait été remplacé après avoir “rejeté de façon active toute scénographie de mémoire insuffisamment fracturée”.