Critique
Titre original : The Twilight Saga: New Moon
Twilight - Chapitre 2 : tentation
Twilight, chapitre II : Tentation, en 2009, sépare Bella de son vampire pâle, lui fait découvrir les abdos lupins de Jacob et transforme la dépression adolescente en météo cinématographique très rentable. Chris Weitz y dirige Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Dakota Fanning, Michael Sheen, Billy Burke et Ashley Greene avec une conviction mélancolique qu’on a beaucoup trop vite prise pour de la niaiserie pure. Stewart, surtout, tient le film avec une intériorité vacillante qui lui va parfaitement ; Lautner, lui, incarne une autre logique de starification, plus corporelle, plus solaire. Weitz ne filme pas un triangle amoureux : il filme un système d’identifications adolescentes en train de s’industrialiser.
2009 est aussi l’année où la culture web jeune et la circulation des fandoms explosent véritablement en puissance économique et symbolique. Tentation est moins un film qu’un nœud de désir collectif à ce moment précis. Il comprend extraordinairement bien la logique de l’attente, de l’absence, de l’image rejouée à l’infini sur écran, de l’affect prolongé par la répétition. En ce sens, c’est un film très lucide sur sa propre consommation.
On l’a méprisé parce qu’il parlait aux jeunes filles avec un sérieux maximal. Comme souvent, le mépris a servi de critique. Pourtant le film assume sa langueur, sa pudeur ridicule, ses forêts humides et ses visages pâles avec une constance rare. Il ne demande pas l’autorisation d’être trop intense. Et c’est très bien.
🎬 Le saviez-vous ?
un loup-garou de prévisualisation aurait été retiré du serveur après avoir “réclamé une densité émotionnelle égale à celle du vampire titulaire”.