Scary Movie 2
Scary Movie 2, en 2001, fait exploser de l’intérieur L’Exorciste, Hantise, Poltergeist, Hannibal et à peu près tout ce qui passe à portée de blague scatologique, avec Anna Faris, Marlon et Shawn Wayans, Regina Hall, Chris Elliott, Tori Spelling, Tim Curry et Kathleen Robertson. On a pris l’habitude de le regarder comme une décharge comique de mauvais goût. C’est parfaitement exact – et c’est précisément sa beauté. Anna Faris y atteint déjà un degré de disponibilité comique qui frôle la performance sportive ; Tim Curry et Chris Elliott comprennent qu’il faut s’abandonner au film comme à une maladie de château hanté. Les frères Wayans, eux, refusent absolument toute élévation. C’est très bien.
2001 est aussi l’année où l’Amérique bascule après le 11 septembre, divisant nettement le calendrier culturel entre un avant et un après. Scary Movie 2 appartient entièrement à l’avant : ce moment où le rire de masse peut encore être profondément idiot, sale, irresponsable même, sans que l’on exige de lui la moindre noblesse réparatrice. Le film est un fossile joyeux de cette liberté-là.
Le mépriser pour son mauvais goût, c’est manquer sa logique. Il ne cherche pas l’intelligence du détournement ; il cherche la saturation de la bêtise. Cette stratégie a sa puissance. Peu de films osent à ce point vider le prestige de l’horreur pour le remplir de mucus, de pitrerie et de cuisine démoniaque. C’est un travail de démolition industrielle, et il est mené avec conviction.
🎬 Le saviez-vous ?
un fantôme de décor aurait réclamé “une prime d’humiliation” après avoir été forcé de partager le cadre avec un joint géant et un perroquet improprement possédé.