She's the Man
She's the Man, en 2006, prend Amanda Bynes, la déguise en frère jumeau pour infiltrer une équipe de foot, mélange Shakespeare, hormones, internat et boulets sentimentaux, et tient pourtant debout avec une désinvolture qui force le respect. Andy Fickman y dirige aussi Channing Tatum, Laura Ramsey, Vinnie Jones, David Cross et Julie Hagerty dans ce qui a trop longtemps été traité comme une simple teen comedy de déguisement. Bynes y est pourtant extraordinaire d’énergie physique et verbale ; Tatum, encore tendre, existe précisément comme bloc magnifique un peu lent, ce qui est parfait. Le film comprend une chose simple : le travestissement social au lycée n’a pas besoin d’être subtil pour être révélateur.
2006 est aussi l’année où les réseaux sociaux publics commencent à reconfigurer plus nettement la manière de performer son identité, son genre, son appartenance de groupe devant les autres. She’s the Man arrive exactement là, sous une forme beaucoup plus bête et beaucoup plus honnête : être quelqu’un, c’est déjà jouer. Le film ne théorise rien, heureusement. Il se contente de courir au milieu de cette vérité avec un ballon et beaucoup trop de cris.
Son vrai charme tient à cette franchise de farce. Il ne s’excuse jamais de transformer la confusion identitaire en carnaval sportif. À l’heure où tant de films pour adolescents se cachent derrière l’ironie ou la noirceur de série, celui-ci garde une pureté de vestiaire qui mérite un peu d’amour.
🎬 Le saviez-vous ?
un protège-tibia de rechange aurait été retiré du sac accessoires après avoir “revendiqué une lecture plus dialectique de la masculinité en short”.