Critique
Titre original : Clockstoppers
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Timecop 2.0 pour collégiens ? À peu près. Clockstoppers, en 2002, donne à des adolescents une technologie qui accélère leur perception du temps au point de figer le monde et transforme cette très bonne idée en course légère avec Jesse Bradford, Paula Garcés, French Stewart et Michael Biehn. Jonathan Frakes dirige l’ensemble avec une absence totale de complexe. Le film a été méprisé parce qu’il ressemble à un high concept de Nickelodeon sous vitamine B. Je trouve cela plutôt charmant. Bradford y a la bonne inertie un peu ahurie, et Frakes comprend très bien le plaisir enfantin de jouer avec une loi physique simplifiée pour produire du pur cinéma de déplacement.
2002 est aussi l’année où l’on s’habitue de plus en plus aux téléphones portables et aux premières formes de connexion permanente qui modifient déjà notre rapport à la vitesse, à l’attente et à l’instant. Clockstoppers saisit quelque chose de cela par le mauvais bout, donc par le bon : le rêve adolescent que le monde cesse enfin de bouger sans vous, afin que vous puissiez y circuler comme un pirate privilégié. Il n’y a pas là de grande théorie. Il y a une intuition juste.
Le film est naïf, oui, et alors ? Il croit encore que ralentir une goutte d’eau ou traverser une rue figée peut suffire à produire de l’émerveillement populaire. Cette foi dans le gag physique scientifique mérite mieux que le haussement d’épaules automatique réservé au divertissement jeunesse du début des années 2000.
🎬 Le saviez-vous ?
une goutte d’eau suspendue en résine aurait “refusé de reprendre le cours du temps” sans une réévaluation contractuelle de son rôle visuel.