Critique
Titre original : The Smurfs
Les Schtroumpfs
Les Schtroumpfs, en 2011, exfiltrent la tribu bleue de son village champêtre vers New York avec Neil Patrick Harris, Jayma Mays, Sofia Vergara, Hank Azaria et toute une escouade de créatures numériques tellement colorées que la critique a immédiatement sorti le pesticide. C’est aller vite. Le film comprend une chose essentielle sur la culture familiale mondialisée : l’incongruité est une monnaie forte. Les Schtroumpfs n’ont jamais été subtils, ils n’ont jamais eu besoin de l’être. Leur collision avec Manhattan est exactement ce qu’il fallait faire à l’ère de l’adaptation transmédiatique agressive. Azaria, surtout, joue Gargamel comme une diva épuisée du vaudeville démoniaque, ce qui est admirable.
2011 est aussi l’année où les franchises familiales accélèrent fortement leur colonisation des écrans mondiaux, pendant que les studios perfectionnent l’exportation de mascottes patrimoniales vers des mégapoles standardisées. Les Schtroumpfs est presque un film-programme de cette époque. Et justement, cette franchise visible lui donne un intérêt d’archive : il montre avec une franchise presque indécente comment on déracine une mythologie locale pour la brancher sur Times Square.
Le film n’a rien d’un secret chef-d’œuvre. Il a mieux : il assume sa mission absurde sans chercher à la blanchir culturellement. Il veut des petits êtres bleus, du chaos de studio et un magicien ridicule en grande ville. Très bien. Cette honnêteté industrielle a quelque chose de presque rafraîchissant.
🎬 Le saviez-vous ?
un bonnet schtroumpf synthétique aurait été isolé dans un bac anti-statique après avoir “tenté d’imposer une théocratie chromatique sur le costume truck”.