Critique
Titre original : Monte Carlo
Affiche non disponible
Bienvenue à Monte-Carlo
Monte Carlo, en 2011, envoie Selena Gomez, Leighton Meester et Katie Cassidy vers la Riviera à la faveur d’une erreur d’identité aristocratique, avec Cory Monteith, Andie MacDowell, Luke Bracey et Pierre Boulanger autour. Thomas Bezucha y filme la carte postale et la permutation sociale avec une franchise de conte touristique que l’on a jugée trop légère pour être digne d’intérêt. Pourtant cette légèreté a sa précision. Selena Gomez, surtout, y joue très bien la dualité entre la fille américaine un peu lissée et la riche héritière de circonstance ; Meester apporte une énergie plus sèche. Le film comprend admirablement qu’un décor de luxe vaut souvent mieux qu’une explication psychologique.
2011 est aussi l’année où la crise des dettes souveraines fait de Monaco, la Riviera et l’Europe des riches des images encore plus visibles d’un capital glamour devenu presque obscène. Monte Carlo respire cet imaginaire. Mais au lieu de le traiter comme une faute, il le convertit en rêverie de mobilité sociale par costume. C’est moins bête que ça en a l’air : le film sait que le fantasme de classe se joue d’abord dans l’hôtel, la valise, la langue et la coupe de champagne.
On lui reproche d’être un fantasme de magazine pour adolescentes. Très bien. C’est précisément pourquoi il fonctionne. Il n’a pas la prétention de transformer l’écart de classe en drame systémique. Il veut simplement ouvrir la suite présidentielle et voir ce que cela fait à l’image de soi. Cette modestie est presque élégante.
🎬 Le saviez-vous ?
une valise à roulettes de luxe aurait été placée sous garde après avoir “revendiqué le monopole du passage symbolique entre classes sociales”.