Critique
Titre original : Transformers: Age of Extinction
Transformers : l'âge de l'extinction
Transformers : L’Âge de l’extinction, en 2014, prend la formule Bay et la pousse encore plus loin dans la Chine, les dinosaures mécaniques, le deuil de Chicago, les start-up cyniques et Mark Wahlberg en père-bidouilleur héroïque. Michael Bay y dirige aussi Nicola Peltz, Jack Reynor, Stanley Tucci, Kelsey Grammer, Li Bingbing et Titus Welliver avec l’assurance d’un homme qui ne s’est jamais demandé s’il en faisait trop, et c’est précisément son génie. Wahlberg apporte une matérialité plus rustique que Shia LaBeouf ; Tucci comprend mieux que tout le monde que le film est une machine à grimaces industrielles ; Bay, lui, transforme la franchise en procession d’acier impériale parfaitement excessive.
2014 est aussi l’année où le marché chinois devient plus que jamais central dans la stratégie des blockbusters américains. L’Âge de l’extinction porte cela à un degré presque documentaire : la mondialisation du spectacle y est visible dans chaque immeuble, chaque placement, chaque ligne de production narrative. Beaucoup y ont vu une prostitution commerciale. J’y vois plutôt une sincérité capitaliste très rare. Le film n’a pas honte de sa géographie financière.
Il est monstrueux, oui. Et alors ? Les monstres sont ici précisément le sujet. Le film se comporte comme ce qu’il représente : une entité géante, trop bruyante, trop chère, trop mobile, incapable de distinction. Dans un paysage de superproductions qui cachent leur logique marchande sous des airs de profondeur, Bay a au moins la décence d’être son propre monstre.
🎬 Le saviez-vous ?
une mâchoire de dinobot animatronique aurait été verrouillée après avoir “tenté d’annexer la hiérarchie des effets spéciaux au nom du règne jurassique métallurgique”.