Critique

L'Abominable vérité

Titre original : The Ugly Truth

IMDb 6.5 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 14%
Critique
Affiche de L'Abominable vérité

L'Abominable vérité

L’Abominable vérité, en 2009, transforme un producteur télé misogyne en coach sentimental et oppose sa vulgarité performative à la maîtrise glacée d’une femme très bien organisée, incarnés par Gerard Butler et Katherine Heigl sous la direction de Robert Luketic. Le film a été puni pour son sexisme, sa lourdeur et sa vision très FM des rapports de genre. Tout cela est réel. Tout cela fait aussi sa valeur documentaire. Butler y joue le masculin de plateau télé comme un vendeur de viande sûr de son marché ; Heigl résiste avec une nervosité parfaitement calibrée. Le film comprend exactement ce qu’il est : un manuel de brutalité hétérosexuelle dans une économie de séduction médiatisée.

2009 est aussi l’année où la culture du conseil relationnel, des blogs sexo, des experts télé et des diagnostics instantanés sur la vie de couple est partout. L’Abominable vérité n’invente rien ; il synthétise. Il a donc la violence nette d’un objet qui ressemble profondément à son époque. Le mépriser pour sa vulgarité, c’est manquer la façon dont cette vulgarité était alors un langage central.

Le film ne prétend jamais être plus subtil qu’une émission de l’après-midi. Et c’est une qualité. On y voit des gens marchander leur désir comme on négocie un sujet d’antenne. Cette crudité très industrielle a au moins le mérite de ne pas se maquiller en grande romance adulte. Elle expose le marché. C’est déjà quelque chose.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un micro-cravate de plateau aurait été remisé après avoir “diffusé à haute voix des conseils de drague non homologués par la régie morale”.