Critique
Titre original : Lara Croft - Tomb Raider
Lara Croft : Tomb raider
Tomb Raider, en 2001, prend Angelina Jolie, lui donne deux pistolets, des temples, des pendules, des robots d’entraînement et des artefacts apocalyptiques pour faire d’elle une déesse sportive de l’ère PlayStation. Simon West y dirige aussi Iain Glen, Daniel Craig, Noah Taylor et Jon Voight avec un aplomb de blockbuster qui ne connaît pas encore tout à fait la honte de l’adaptation de jeu vidéo. Jolie y est très bien, précisément parce qu’elle comprend que Lara Croft est une silhouette avant d’être un personnage ; Daniel Craig, encore pré-Bond, apporte un délicieux supplément de rugosité. West ne cherche pas le réalisme. Il cherche le déplacement, la pose et le métal. C’est une ambition très défendable.
2001 est aussi l’année où la mondialisation culturelle de la PlayStation, de l’action numérique et de l’héroïne calibrée devient massive, juste avant que le 11 septembre ne reconfigure brutalement les imaginaires de destruction et de ruine. Tomb Raider appartient encore à cet instant d’avant : celui où un temple qui explose reste d’abord un terrain de jeu pour star athlétique. Cette innocence pré-traumatique le rend presque touchant rétrospectivement.
Le film est absurde, superbe par moments, terriblement clipé. Très bien. Il possède la décence de croire totalement à son héroïne comme machine de circulation entre patrimoine, luxure et acrobatie. C’est plus franc que beaucoup d’adaptations plus tardives qui passeront leur temps à s’excuser d’exister.
🎬 Le saviez-vous ?
un pistolet de holster aurait exigé “un meilleur traitement iconographique de sa relation fusionnelle avec la démarche de Lara” avant la scène finale.