Critique

Les Trois Mousquetaires

Titre original : The Three Musketeers

IMDb 5.8 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 26%
Critique
Affiche de Les Trois Mousquetaires

Les Trois Mousquetaires

Les Trois Mousquetaires, version 2011, fait des mousquetaires des quasi-super-héros steampunk sautant de dirigeables en complots royaux avec Milla Jovovich, Logan Lerman, Luke Evans, Matthew Macfadyen, Ray Stevenson, Christoph Waltz, Mads Mikkelsen et Orlando Bloom. Paul W. S. Anderson y applique à Dumas sa stratégie habituelle : pourquoi respecter le patrimoine quand on peut le catapulter ? Beaucoup ont crié au sacrilège. Moi, j’y vois une forme assez pure de fidélité perverse : après tout, l’esprit feuilletonnaire de Dumas n’a jamais été l’ennemi de l’excès. Jovovich, Bloom et Waltz comprennent immédiatement que le film gagne à se prendre à moitié pour un opéra de capes devenu jeu vidéo.

2011 est aussi l’année où les blockbusters accélèrent leur logique transnationale et leur dépendance à l’effet spectaculaire mondialisé, pendant que le “patrimoine européen” devient lui aussi une matière exportable et remixable. Les Trois Mousquetaires en est un symptôme parfait : le XVIIe siècle y devient une plateforme pour cascades aériennes et rivalités de marque. On peut s’en offusquer. On peut aussi constater que le film regarde très lucidement son propre marché.

Il est absurde, charmant, souvent trop. Très bien. Le costume y est une arme, la littérature un prétexte, le sérieux une perte de temps. Dans le champ sinistré de l’adaptation patrimoniale honteuse d’être populaire, Anderson a au moins le mérite d’assumer un vrai goût du bazar. C’est presque héroïque.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un chapeau à plume de rechange aurait exigé “l’égalité protocolaire avec les dirigeables” avant toute reprise caméra.