Critique

Treize à la douzaine

Titre original : Cheaper by the Dozen

IMDb 5.8 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 24%
Critique
Affiche de Treize à la douzaine

Treize à la douzaine

Treize à la douzaine, en 2003, prend Steve Martin et Bonnie Hunt, leur colle douze enfants aux tempéraments parfaitement répartis, et transforme la maison familiale en machine de chaos chorégraphié. Shawn Levy y dirige aussi Hilary Duff, Piper Perabo, Tom Welling, Alyson Stoner et Ashton Kutcher avec une conscience très claire de la comédie de surcharge. Le film a été traité comme une simple sitcom gonflée au studio. Peut-être. Mais cette inflation domestique a son intérêt : Martin y joue très bien l’homme convaincu qu’une famille est un système gérable jusqu’au moment exact où elle ne l’est plus. Hunt apporte une souplesse plus réelle que l’ensemble du barnum ne l’admet.

2003 est aussi l’année où les modèles familiaux américains se voient de plus en plus traversés par les injonctions à la performance, à la mobilité et à l’optimisation, pendant que la culture mainstream continue à vendre la famille nombreuse comme rêve de débordement heureux. Treize à la douzaine capture parfaitement cette contradiction : la maison devient à la fois entreprise, caserne, garderie et plateau comique. Le film ne l’analyse pas. Il la fait tomber dans l’escalier. C’est parfois une méthode très valable.

Son mérite, c’est sa franchise de vacarme. Il ne s’excuse jamais d’être une machine à plats renversés, portes claquées et lits superposés. En ce sens, il reste plus honnête que nombre de comédies familiales cherchant à se donner une âme par un supplément de pathos. Ici, le pathos est coincé sous une montagne de linge. Très bien.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un lit superposé aurait été condamné après avoir “tenté de se déclarer structure fédérale indépendante de l’autorité parentale”.