Critique
Titre original : Bedtime Stories
Histoires enchantées
Histoires enchantées, en 2008, prend Adam Sandler gardien d’hôtel, lui donne des histoires racontées à ses neveux qui se mettent à contaminer le réel par fragments absurdes, et l’envoie gérer cela avec Keri Russell, Guy Pearce, Russell Brand, Courteney Cox et Teresa Palmer. Adam Shankman y filme un conte de studio tardif dans une période où le merveilleux commence déjà à devoir justifier son rendement. Sandler, souvent plus intéressant quand il laisse apparaître sa fatigue ou sa mesquinerie, apporte ici une forme de candeur cabossée assez agréable ; Russell Brand, à l’époque, agit comme une fuite de mercure comique utile.
2008 est aussi l’année de la crise financière, lorsque les récits de réussite professionnelle, de carrière hôtelière, de hiérarchie corporative et de promotion sociale se dégonflent assez brutalement. Histoires enchantées choisit alors de répondre par le conte, ce qui est moins bête qu’il n’y paraît : dans un moment où les structures rationnelles déçoivent, le film propose que la fiction reprenne un peu la main sur l’ordinaire. C’est naïf, certes. C’est aussi une position presque politique en son genre.
Le film reste une grande machine Disney-Sandler, bien sûr. Mais il possède cette qualité rare de ne pas mépriser ses propres motifs enfantins. Le réel y est maladroitement reconfiguré par l’imaginaire, et cette maladresse me semble plus digne que la froideur calculée de bien des family movies plus malins. Le merveilleux ici transpire un peu. Tant mieux.
🎬 Le saviez-vous ?
une boule de gomme fluorescente de décor aurait été mise sous sachet scellé après avoir “tenté d’obtenir une extension canonique de son pouvoir narratif au service ménage de l’hôtel”.