Critique

Pulp Fiction

IMDb 8.9 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Pulp Fiction

Pulp Fiction

Pulp Fiction, en 1994, fait se croiser tueurs bavards, boxeur en fuite, femme de gangster et valise rayonnante dans un Los Angeles où Quentin Tarantino transforme chaque détour en numéro de style. John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Bruce Willis, Harvey Keitel, Tim Roth et Ving Rhames composent une distribution dont la moindre respiration est déjà devenue citation. Le film est devenu tellement “cool” qu’il paraît presque obscène d’y voir un exercice brillant mais parfois épuisé par sa propre brillance. Travolta, relancé de manière spectaculaire, s’y déplace avec une souplesse idéale ; Jackson, formidable, comprend mieux que personne le pouvoir musical de ces dialogues ; Uma Thurman crée une silhouette instantanément iconique. Tarantino, après Reservoir Dogs et avant Jackie Brown, fait ici triompher sa manière. Or une manière qui triomphe trop fort commence parfois à ressembler à un régime.

L’année 1994 n’a pas exactement manqué d’événements irrévocables : le génocide des Tutsi au Rwanda fait éclater la faillite morale de la communauté internationale. Placé dans cette même année, le festival d’ironie pop de Pulp Fiction prend un tour étrangement léger. Bien sûr, le cinéma n’a pas à épouser la tragédie du monde ; mais replacer le film dans ce voisinage rappelle combien son insolence est un luxe culturel.

Ce que l’on admire dans Pulp Fiction, c’est sa liberté de circulation, son montage, sa musique, son insolence. Très bien. Ce qu’on oublie parfois, c’est que l’ensemble adore tellement sa propre désinvolture qu’il finit par faire de chaque scène une petite démonstration de virtuosité. On sort grisé, oui ; un peu saturé aussi, comme après un dîner entier composé d’amuse-bouches très sûrs d’eux.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une mallette de répétition aurait refusé d’être ouverte hors caméra, exigeant contractuellement que son mystère reste mieux traité que celui de plusieurs personnages.