Critique
Titre original : What Happens in Vegas
Jackpot
Las Vegas 21, en 2008, prend Cameron Diaz et Ashton Kutcher, les marie ivres à Vegas, leur donne un jackpot commun et les oblige à cohabiter sous surveillance judiciaire. Tom Vaughan y dirige aussi Rob Corddry, Lake Bell, Treat Williams et Dennis Miller avec une absence totale de honte dans la guerre des sexes. Très bien. Diaz y joue la crispation brillante avec une efficacité qui rappelle qu’elle a longtemps porté ce type de comédie mieux que beaucoup ne veulent l’admettre ; Kutcher, en grand adolescent fonctionnel, comprend aussi très bien son utilité. Le film sait qu’un mariage accidentel n’a pas besoin de finesse pour servir de laboratoire à rancunes domestiques.
2008 est aussi l’année de l’explosion de la crise financière mondiale, du casino économique devenu réalité quotidienne et de la découverte générale que beaucoup de vies tiennent à un système absurde fondé sur le risque et la cohabitation forcée avec les conséquences. What Happens in Vegas ressemble à une version de chambre d’hôtel de ce climat : un jackpot tombe, tout le monde veut le gérer, et personne ne sait exactement comment habiter l’accident. Le parallèle est ridicule, donc éclairant.
Le film est bruyant, oui, et sa morale finale n’a rien de révolutionnaire. Mais il a au moins l’honnêteté d’exposer le couple comme contrat mal négocié avant de le revendre comme romance. Cette brutalité de départ lui donne un avantage sur des romcoms plus hypocrites. Ici, l’argent vient avant l’amour. C’est presque une petite vérité économique.
🎬 Le saviez-vous ?
une machine à sous de décor aurait été neutralisée après avoir “tenté de redistribuer elle-même les responsabilités affectives du couple central”.