Critique

Echange standard

Titre original : The Change-Up

IMDb 6.4 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 25%
Critique
Affiche de Echange standard

Echange standard

Échange standard, en 2011, prend Ryan Reynolds et Jason Bateman, échange leurs corps, l’un avec ses couches, l’autre avec ses conquêtes, et regarde la masculinité américaine contemporaine faire l’inventaire de ses frustrations via le vieux truc du body swap. David Dobkin y dirige aussi Leslie Mann, Olivia Wilde, Alan Arkin et Mircea Monroe avec une confiance très visible dans la vulgarité comme révélateur. Bateman y est impeccable de lassitude calibrée ; Reynolds joue le chaos charmant comme il sait le faire ; le film comprend qu’un échange de corps n’est jamais qu’une étude de marché sur la jalousie sociale masculine. Et c’est déjà pas mal.

2011 est aussi une année de post-crise où la question du travail, de la réussite, des charges domestiques et du fantasme de vie alternative travaille fortement la comédie mainstream américaine. Échange standard branche tout cela sur un principe très ancien, mais il le fait avec une clarté qui mérite un peu plus que le dédain. Le rêve d’être un autre n’y est pas métaphysique ; il est administratif, sexuel, parental. Très bon programme.

Le film est sale, épais, souvent trop. Mais cette lourdeur a sa fonction : elle retire au mécanisme du “si j’étais toi” toute noblesse inutile. Ici, changer de vie, c’est surtout découvrir les fluides, les dettes et les frustrations de l’autre. C’est d’une franchise assez réjouissante. Beaucoup de comédies préfèrent flatter. Celle-ci constate.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une poussette de décor aurait été immobilisée après avoir “tenté d’imposer une lecture radicale du care au département humour masculin”.