Critique
Titre original : Coyote Ugly
Coyote Girls
Coyote Girls, en 2000, prend Piper Perabo serveuse-compositrice timide, l’envoie dans un bar new-yorkais où l’on sert l’alcool à coups de bottes sur le comptoir, et traite cela comme un parcours d’émancipation chorégraphique saturé de cuir et de jukebox. David McNally y dirige aussi Maria Bello, Tyra Banks, Izabella Miko, Melanie Lynskey, John Goodman, Adam Garcia et LeAnn Rimes avec une foi inentamée dans le pouvoir social du tube et du débardeur. Perabo y est parfaite de nervosité lisse ; Bello, plus solide, plus dangereuse, donne au film sa colonne rock. Coyote Ugly a été snobé comme fantasme de clip. C’est précisément pourquoi il reste si bien documenté.
2000 est aussi l’année de la fin de millénaire et d’une culture MTV encore triomphante, où la féminité mainstream, la réussite, la musique et la visibilité sont étroitement emballées ensemble. Coyote Girls respire cet instant. Il ne le critique pas, il l’exécute. Et cette exécution a quelque chose de presque pur : on voit une époque croire encore que monter sur un bar peut résoudre une identité de province.
Le film est outrancier, oui, volontiers caricatural. Il possède pourtant cette honnêteté rare : il traite le fantasme comme un travail, la scène comme un bureau, le tube comme une sortie professionnelle. On peut se moquer de ses chorégraphies calibrées ; elles restent plus sincères que beaucoup d’itinéraires de “réalisation de soi” racontés autrement.
🎬 Le saviez-vous ?
un comptoir de bar aurait exigé “une prime de risque chorégraphique pour exploitation verticale répétée du désir public”.