Critique
Titre original : Independence Day: Resurgence
Independence Day : Resurgence
Independence Day: Resurgence, en 2016, revient vingt ans après pour annoncer que l’humanité a recyclé la technologie alien, construit des armées orbitales et oublié la première leçon du genre : si Roland Emmerich revient, c’est pour refaire plus grand, pas plus fin. Liam Hemsworth, Jessie T. Usher, Jeff Goldblum, Bill Pullman, Charlotte Gainsbourg, Brent Spiner, Maika Monroe, Sela Ward et William Fichtner se débattent dans ce qui a été traité comme l’exemple pur de la suite inutile. Très bien. Mais une suite inutile peut aussi être un document de civilisation. Goldblum comprend encore le rythme ; Pullman revient comme relique de discours présidentiel ; Emmerich, lui, continue de croire à la destruction du globe comme privilège démocratique.
2016 est aussi l’année du Brexit, de Trump, des paniques identitaires mondialisées et d’un imaginaire de nouveau bouleversement des grands blocs politiques. Resurgence arrive dans ce paysage avec une réponse primitive mais lisible : les extraterrestres reviennent, tant pis pour la géopolitique fine, remettons les nations d’accord à coups de rayon orbital. C’est idiot. C’est aussi un reflet assez honnête de la nostalgie d’un ennemi commun facile.
Le film est trop numérique, trop chargé, souvent grotesque. Et alors ? Il poursuit avec fidélité la logique d’Emmerich : la catastrophe globale comme grand langage commun. Dans un monde déjà saturé de fin du monde réelle, il a la politesse de rester une fin du monde de multiplexe. C’est presque reposant.
🎬 Le saviez-vous ?
un débris de vaisseau-mère en résine aurait été mis sous filets après avoir “tenté d’écraser hiérarchiquement les intrigues secondaires pour restaurer l’ordre apocalyptique”.