Critique
Titre original : The Art of Getting By
Le Jour où je l'ai rencontrée
The Art of Getting By, en 2011, prend Freddie Highmore adolescent désengagé, lui donne Emma Roberts, New York, des cours désertés et une angoisse existentielle de premier rang, puis regarde le coming-of-age se faire tout petit dans des couloirs de lycée et des toits humides. Gavin Wiesen y dirige aussi Michael Angarano, Elizabeth Reaser, Rita Wilson et Alicia Silverstone avec une gravité indie très facile à caricaturer. Pourtant Highmore y apporte une vraie fatigue juvénile, Roberts une intensité plus concrète qu’attendu. Le film ne sait pas toujours se dépêtrer de sa poésie lycéenne, mais il l’assume.
2011 est aussi l’année où la génération post-crise, post-réseaux, post-enthousiasme facile commence à apparaître plus clairement dans la fiction comme bloc d’incertitude, de flottement et de peur d’entrer dans la machine adulte. The Art of Getting By est exactement ce genre de film. Il ne raconte pas une aventure ; il raconte un ralentissement social intérieur. À ce titre, il est moins insignifiant qu’on l’a dit.
Le reproche principal qu’on lui fait est de trop poser sa mélancolie. C’est vrai. Mais cette pose est aussi le langage d’une jeunesse qui apprend à se percevoir elle-même à travers des formes déjà médiatisées de tristesse. Le film n’invente pas ce malaise. Il l’exécute avec une certaine douceur maladroite. Cela vaut bien un peu d’indulgence.
🎬 Le saviez-vous ?
un carnet de croquis de décor aurait été retiré du pupitre après avoir “commencé à produire sans autorisation un supplément de spleen illustré”.