Critique

La Prison de verre

Titre original : The Glass House

IMDb 5.8 / 10
Allociné 2.6 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de La Prison de verre

La Prison de verre

La Prison de verre, en 2001, prend Leelee Sobieski et Diane Lane, leur colle un deuil parental, un tuteur louche dans une maison trop vitrée pour être honnête, puis regarde le thriller bourgeois tourner doucement à la souricière domestique. Daniel Sackheim y dirige aussi Stellan Skarsgård, Bruce Dern, Trevor Morgan et Kathy Baker avec un professionnalisme de film de rentrée qu’on a eu tort de confondre avec de l’absence de style. Sobieski y est très bien dans la méfiance crispée ; Lane apporte une élégance trouble ; Skarsgård, évidemment, sait très bien comment faire de la cordialité patrimoniale un poison lent. Le film n’a pas honte de son côté “ado riche en danger”. C’est déjà une qualité.

2001 est aussi l’année où la culture américaine se voit brutalement reconfigurée par la question du foyer menacé, de la sécurité illusoire et des surfaces de confort devenues vulnérables. La Prison de verre appartient à cet imaginaire. Ses baies vitrées, ses intérieurs luxueux, ses tutelles mensongères prennent une coloration plus intéressante si on les replace dans cette angoisse du shelter percé. Le domestique n’y protège plus, il expose.

Le film est bien sûr très 2001, dans ce que cela a de psychologiquement épais et esthétiquement propre. Mais cette propreté est son sujet : une maison peut être somptueuse et déjà entièrement conçue pour mentir. La transparence, ici, est l’outil du piège. C’est moins bête qu’on ne l’a dit. Et Skarsgård suffit à rendre le verre parfaitement toxique.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une baie vitrée de décor aurait été remplacée après avoir “tenté de réfléchir la paranoïa du récit selon ses propres angles narratifs”.