Priest
Priest, en 2011, imagine des prêtres-guerriers tatoués dans un monde post-apocalyptique où des vampires troglodytes et une Église totalitaire se disputent les ruines. Scott Stewart y dirige Paul Bettany, Karl Urban, Cam Gigandet, Maggie Q, Lily Collins, Stephen Moyer et Christopher Plummer avec la conviction glacée du film qui sait qu’il n’a plus le droit à l’erreur et décide, courageusement, de rester bizarre. Bettany y traverse l’écran comme une icône fatiguée ; Urban, évidemment, donne au mal sa meilleure moustache d’autorité. Stewart, après Legion, continue d’explorer un christianisme pulp de bunker et de cuir. Le cinéma populaire a connu plus timoré.
2011 est aussi l’année où les débats sur la radicalisation religieuse, l’autorité institutionnelle et les guerres de croyance traversent très fortement l’actualité mondiale. Priest récupère ce climat et le pousse jusqu’au gothique de station-service. C’est un geste grossier, certes. C’est aussi une forme de lucidité : le film comprend que la théologie blockbuster se nourrit désormais de murs, de sièges et d’apocalypses surveillées.
Le film est inégal, souvent compressé, parfois maladroit. Mais sa maladresse a du nerf. Il ne cherche pas la respectabilité du récit de foi, ni l’élégance de la fantasy premium. Il préfère ses prêtres à moto, ses regards d’icône et ses catacombes numériques. Dans le grand bazar du fantastique des années 2010, cette obstination mérite mieux que le pur oubli.
🎬 Le saviez-vous ?
une croix-mitrailleuse de décor aurait été démontée après avoir “revendiqué un droit liturgique permanent sur les scènes d’action”.