Critique

Le Smoking

Titre original : The Tuxedo

IMDb 5.3 / 10
Allociné 2.9 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de Le Smoking

Le Smoking

Le Smoking, en 2002, prend Jackie Chan chauffeur gentil et maladroit, lui colle un tuxedo technologique qui le transforme en machine d’action mondaine, et file le tout à Kevin Donovan avec Jennifer Love Hewitt, Jason Isaacs, Debi Mazar et Peter Stormare. Le film a beaucoup souffert du réflexe qui consiste à prendre Jackie Chan au sérieux uniquement lorsqu’il souffre dans des cadres réputés nobles. Or ici, il s’amuse. Et cela a son prix. Le costume, les gadgets, l’élégance qui colonise le corps du maladroit : le principe est bête, donc excellent. Chan continue d’y négocier admirablement la rencontre entre grâce physique et humiliation comique.

2002 est aussi l’année où l’on assiste à une intensification du fantasme technologique portable : téléphones, miniaturisation, gadgets, promesses d’un monde où l’objet intelligent vous complète mieux que vous-même. Le Smoking appartient exactement à cette utopie du wearable avant l’heure. Il transforme le vêtement en logiciel de virilité. Le film ne pense pas cela. Il le danse. Et c’est parfois une bien meilleure manière de saisir une époque.

Le résultat est très inégal, d’accord. Mais il possède cette innocence rare d’un blockbuster qui croit encore qu’un costume peut suffire à réorganiser l’univers social. Le vêtement y est l’interface ultime, ce qui est au fond aussi absurde qu’assez visionnaire. On devrait davantage aimer ces fictions qui trébuchent en avance sur leur moment.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un nœud papillon motorisé aurait été débranché après avoir “tenté d’auto-réguler l’élégance générale du plateau selon ses propres standards de distinction”.