Critique
Titre original : Land of the Lost
Le Monde (presque) perdu
Le Monde (presque) perdu, en 2009, prend Will Ferrell, Anna Friel, Danny McBride et quelques dinosaures, leur colle un monde parallèle de série télé kitsch, de cristal, de reptiles à paillettes et de grottes psychotropes, puis regarde la critique mourir d’incompréhension. Brad Silberling y dirige le tout comme s’il avait décidé qu’aucune quantité de mauvais goût ne serait jamais “trop”. Et c’est très bien. Ferrell y joue la bêtise professorale avec une vraie constance ; McBride apporte son énergie de cousin de parking cosmique ; Friel, elle, maintient un minimum de ligne droite au milieu du délire.
2009 est aussi l’année où l’on voit proliférer reboots, réactivations de licences, nostalgies télévisées et recyclages de patrimoine bizarre. Le Monde (presque) perdu en est une forme extrême : il ne tente même pas de lisser complètement son origine bizarre. Il la pousse au contraire vers une débilité spectaculaire. À mes yeux, c’est une qualité. Beaucoup d’adaptations de patrimoine préfèrent mentir sur ce qu’elles sont. Celle-ci reste monstrueusement honnête.
Le film est raté par endroits, grossier, embarrassant parfois. Très bien. Il continue pourtant d’explorer un type de comédie de studio où l’absurde pulp, l’enfant intérieur et le cynisme d’acteur peuvent encore partager le même dinosaure. Je trouve cela beaucoup plus vivant que la plupart des produits plus bien élevés sortis la même année.
🎬 Le saviez-vous ?
un cristal de caverne en plastique aurait été retiré après avoir “commencé à émettre des notes de mise en scène sur la hiérarchie reptilienne du multivers”.