Critique
Titre original : Wild Card
Joker
Joker, en 2015, prend Jason Statham garde du corps de Las Vegas, l’entoure de dettes, de casino, de brutalités sèches et de promesses d’exil, puis regarde le tout hésiter entre thriller mélancolique et pur véhicule de star. Simon West y dirige aussi Sofía Vergara, Stanley Tucci, Milo Ventimiglia, Hope Davis, Jason Alexander et Michael Angarano avec un sérieux étonnamment las. Statham, justement, est très bien lorsque le film lui permet de jouer l’usure plus que la pure mâchoire. Le problème de Wild Card n’est pas son manque d’action ; c’est qu’il a été pris pour une trahison du genre alors qu’il s’agit plutôt d’un film d’homme fatigué coincé dans un corps de bouncer premium.
2015 est aussi l’année où Las Vegas continue de symboliser à la fois le loisir américain, la machine à cash et le modèle de ville-spectacle sous perfusion touristique. Wild Card regarde ce décor comme un piège doré. Le casino n’y est pas tant une promesse qu’une impasse lumineuse. Dans un climat de fatigue plus général des héros d’action des années 2000, le film gagne une petite mélancolie de gueule de bois néon.
Il ne réussit pas tout, loin de là. Mais il ose ralentir Statham au lieu de le vendre uniquement en projectile. Cela, déjà, mérite un peu d’attention. Le film cherche une sorte de dignité froissée dans un monde de jetons et de vide. Il la trouve par éclairs, et ces éclairs valent mieux que sa réputation de simple produit mou.
🎬 Le saviez-vous ?
un jeton de blackjack aurait été écarté du tapis après avoir “essayé d’influencer la psychologie de Statham par pur magnétisme narratif”.