Scooby-Doo
Scooby-Doo, en 2002, prend la Mystery Machine, un parc d’attractions gothique, Matthew Lillard, Sarah Michelle Gellar, Freddie Prinze Jr., Linda Cardellini, Rowan Atkinson et un chien numérique qui parle trop, puis assume de transformer l’enfance télé en carnaval de latex. Raja Gosnell y dirige avec une franchise de mauvais goût extrêmement sous-estimée. Lillard, surtout, comprend son rôle à un niveau presque sacrificiel ; Cardellini et Gellar savent très bien jouer contre le débile sans le détruire. Le film a été puni pour son apparence plastique et ses blagues lourdes. C’est oublier qu’il ne cherchait jamais autre chose qu’à préserver le caractère foncièrement idiot du matériau.
2002 est aussi l’année où les adaptations live-action de licences enfantines deviennent une stratégie de studio de plus en plus visible, et où le numérique commence à contaminer franchement les souvenirs animés. Scooby-Doo est un cas passionnant de ce moment : il ne tente pas de rendre respectable la franchise. Il l’enlaidit joyeusement pour mieux la garder reconnaissable. C’est une méthode. Elle a du mérite.
Le film est criard, bête, très daté. Tant mieux. Son daté fait partie de sa beauté. Il existe pleinement dans l’entre-deux hideux des débuts du CGI domestique et du post-Buffy cool. On devrait être plus tendres avec ces fossiles mutants qui ont encore le courage de sentir leur époque jusque dans les poils de leur chien.
🎬 Le saviez-vous ?
un biscuit Scooby géant de décor aurait été mis sous boîte hermétique après avoir “tenté d’étendre son influence comique à toute la hiérarchie canine du plateau”.