Scary Movie 4
Scary Movie 4, en 2006, décide qu’après avoir éventré l’horreur, il est temps d’attaquer aussi War of the Worlds, The Village, Saw, The Grudge, Brokeback Mountain et à peu près tout ce qui passait dans le couloir du multiplexe. David Zucker y dirige Anna Faris, Regina Hall, Craig Bierko, Bill Pullman, Carmen Electra, Leslie Nielsen et Shaquille O’Neal avec la précision obscène d’une usine à détournement. Faris, encore une fois, y fait un travail physique considérable ; Nielsen flotte comme une relique de comédie devenue dispositif en soi. On a puni le film pour son opportunisme. Mais l’opportunisme est la condition même de ce genre de machine, et ici il est mené avec une vraie rigueur.
2006 est aussi l’année où la culture du mashup, de la parodie rapide, du détournement numérique et de la consommation ironique de l’image est partout. Scary Movie 4 fonctionne exactement comme un navigateur à onglets hystérique avant la lettre. On n’y “regarde” pas un film, on y traverse une série de fragments culturels retaillés pour le gag. C’est bas, oui. C’est aussi très fidèle à son moment.
Le film est d’une bêtise souvent admirable. Mais cette bêtise est structurée. Elle sait où frapper, comment ruiner la peur en deux secondes, et comment vider le prestige cinématographique comme on vide une cartouche d’air. Dans une époque qui se mettait déjà à tout consommer par extraction comique, Scary Movie 4 a presque quelque chose de théorique malgré lui.
🎬 Le saviez-vous ?
une fausse perruque de villageois aveugle aurait été “mise en quarantaine méta” après avoir tenté de parodier seule le catering entier.