Critique

Cartel

Titre original : The Counselor

IMDb 5.3 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 33%
Critique
Affiche de Cartel

Cartel

Cartel, en 2013, prend Michael Fassbender avocat élégant, l’entoure de Penélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt, Ruben Blades, Rosie Perez, Natalie Dormer et Edgar Ramírez, puis demande à Ridley Scott de filmer le script de Cormac McCarthy comme une apocalypse de luxe sur l’argent, le sexe et le commerce de la mort. On a beaucoup reproché au film son emphase, ses monologues, son goût de l’abstraction sanglante. C’est précisément ce qui le rend si fascinant. Diaz y devient un pur symptôme toxique de désir et de capital ; Bardem comprend qu’il faut jouer le kitsch comme une liturgie ; Fassbender se noie admirablement dans le costume du type qui croyait pouvoir acheter une place dans la machine.

2013 est aussi l’année où les cartels, les frontières et les économies criminelles continuent à saturer l’imaginaire nord-américain, pendant que la crise financière récente laisse encore flotter une morale de système pourri, d’argent contaminé et de luxe compromis. Cartel ne traduit pas cela en thriller traditionnel. Il le transforme en opéra de sentences et de peaux lisses. C’est déraisonnable. C’est très bien.

Le film ne “fonctionne” pas au sens propre. Il se répand. Et cette incapacité à redevenir simplement narratif fait partie de son intérêt. Il ressemble à un cauchemar de très grande marque sur le fait de toucher à l’économie du mal en croyant rester impeccable. Peu d’œuvres de studio osent être aussi malaisément verbales, aussi théâtralement sombres. On devrait leur laisser ce mérite.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bolide de luxe de décor aurait été remorqué d’urgence après avoir “revendiqué un droit exclusif sur la vitesse morale de la catastrophe”.