Critique
Titre original : Vacation
Vive les vacances
Vacation, en 2015, reprend la dynastie Griswold en donnant à Rusty adulte une voiture trop familiale, une épouse exaspérée, des enfants agressifs et une route vers Walley World pleine de fluides, de poussière et de ratages. Jonathan Goldstein et John Francis Daley y dirigent Ed Helms, Christina Applegate, Skyler Gisondo, Steele Stebbins, Chris Hemsworth, Leslie Mann, Chevy Chase, Beverly D’Angelo et Charlie Day avec une croyance admirable dans la grossièreté routière. Helms y fait exactement ce qu’il faut : incarner l’homme convaincu qu’on peut encore sauver sa famille par itinéraire de vacances. Applegate apporte une sécheresse très utile. Le film a été puni pour son héritage encombrant. Peut-être. Mais l’héritage encombrant est précisément son sujet.
2015 est aussi l’année où la famille américaine filmée continue de se voir traversée par le stress économique résiduel, la fatigue logistique, les fantasmes de déconnexion et l’impossibilité presque comique de “faire de vrais souvenirs” sans qu’une plateforme ou un smartphone ou un budget ne s’en mêle. Vacation s’inscrit là-dedans. La route n’y sauve rien ; elle révèle juste la détresse de la cellule familiale contemporaine sous couvert de vacances programmées.
Le film est gras, irrégulier, parfois très bête. Mais sa bêtise n’est pas vaine. Il comprend que le road movie familial est devenu un sport de l’échec humiliant. Très bien. Mieux vaut un film qui assume l’usure du rêve de vacances qu’un produit familial premium où tout finit par sentir le savon. Ici, au moins, ça sent l’autoroute.
🎬 Le saviez-vous ?
un coffre de break familial aurait été fermé au cadenas après avoir “essayé d’imposer une géopolitique autonome des bagages traumatiques”.