Critique

La Charge héroïque

Titre original : She Wore a Yellow Ribbon

IMDb 7.4 / 10
Allociné 5.0 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de La Charge héroïque

La Charge héroïque

La Charge héroïque, en 1949, suit un capitaine de cavalerie vieillissant, joué par John Wayne, au moment de son départ à la retraite, entre patrouilles, tensions avec les tribus amérindiennes et mélancolie d’un Ouest en uniforme. John Ford y transforme Monument Valley en chapelle à ciel ouvert et filme Wayne comme s’il préparait déjà son installation définitive dans le panthéon national. Wayne, justement, joue la lassitude avec une autorité assez belle ; mais cette beauté a quelque chose de trop confiant, comme si le film savait qu’aucun spectateur n’oserait contester la noblesse du dispositif. Ford, qui avait déjà façonné le western américain dans Stagecoach ou My Darling Clementine, semble ici non plus inventer un genre mais s’auto-illustrer.

1949 est aussi l’année de la création de l’OTAN. Les démocraties occidentales redessinent leurs lignes de défense et leur vocabulaire stratégique ; La Charge héroïque répond avec ses colonnes de cavaliers, ses drapeaux, sa discipline et sa morale de garnison. Le parallèle est presque trop parfait : à chaque époque son besoin de chorégraphier l’ordre.

Le problème n’est pas la maîtrise — elle est totale — mais la sérénité idéologique du film. Tout y est si magnifiquement rangé que le désordre historique, humain et politique s’en trouve comme repassé. On contemple des chevaux, des nuages et des plis de manteaux avec un bonheur muséal. C’est splendide, certes. C’est aussi une manière très élégante d’éviter plusieurs questions embarrassantes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un cheval vétéran aurait refusé de galoper tant qu’on ne lui servait pas son avoine dans une gamelle estampillée “commandement supérieur”.