Critique

Le Parrain, 2e partie

Titre original : The Godfather, Part II

IMDb 9.0 / 10
Allociné 4.7 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Le Parrain, 2e partie

Le Parrain, 2e partie

Le Parrain, 2e partie, en 1974, alterne l’ascension de Vito Corleone jeune, incarné par Robert De Niro, et la glaciation de Michael Corleone, qu’Al Pacino joue comme une chambre forte qui se referme de l’intérieur. Francis Ford Coppola étend ainsi son univers avec une ambition qu’on ne peut pas lui contester. Le problème est ailleurs : le film paraît si résolu à devenir important qu’il s’embaume presque lui-même pendant qu’il avance. De Niro est excellent, bien sûr, mais avec cette virtuosité visible qui ressemble à une candidature déposée au bureau de la postérité. Pacino pousse l’impassibilité jusqu’à une austérité si complète que le personnage finit parfois par n’être plus qu’un principe de refroidissement.

Coppola construit, agence, symétrise, relie, et l’on admire la précision. Mais cette précision a un coût : le film ressemble parfois davantage à une cathédrale de la gravité qu’à une tragédie qui respire. Le prestige s’y dépose sur chaque scène comme une poussière noble. On ne regarde plus seulement une famille se défaire ; on assiste à une opération de conservation patrimoniale du malheur.

Ici, le détour historique passe par un effet de miroir inversé. 1974, c’est l’année où Richard Nixon démissionne. Le réel américain donne alors au monde un effondrement de pouvoir marqué par la lâcheté, l’enregistrement, les détails mesquins, la médiocrité concrète. Le Parrain, 2e partie répond par une chute infiniment plus sculptée, plus tragique, presque trop digne pour ce qu’elle raconte. Le monde rappelait que l’autorité s’écroule souvent par petitesse ; Coppola choisit de lui donner le velours et le marbre.

Le film reste admirable, mais aussi un peu étouffant. Il transforme son propre sérieux en climat permanent, jusqu’à faire passer l’émotion après l’architecture. On respecte énormément. On aime parfois moins qu’on ne l’admet.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une moustache de rechange aurait exigé une loge climatisée, un agent et une mention contractuelle interdisant qu’on la compare à celle de Brando sans son consentement écrit.