Critique

Persepolis

IMDb 8.0 / 10
Allociné 4.6 / 5
Rotten T. 96%
Critique
Affiche de Persepolis

Persepolis

Persepolis, en 2007, adapte le récit autobiographique de Marjane Satrapi et raconte l’enfance, l’adolescence, l’exil, la colère et l’apprentissage politique d’une jeune Iranienne traversant la révolution, la guerre et la désillusion. Satrapi coréalise avec Vincent Paronnaud, tandis que les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux et Simon Abkarian donnent au noir et blanc une netteté affective singulière. Le film a pour lui la sincérité autobiographique, ce qui le protège souvent d’une critique un peu plus mordante. Pourtant, on peut trouver que cette sincérité se transforme parfois en efficacité programmée. L’animation dépouille, simplifie, clarifie ; c’est une force, mais aussi un risque. À force de rendre tout lisible, le film transforme certaines contradictions en panneaux très bien dessinés. Satrapi, qui a parfaitement le droit d’ordonner son propre souvenir, le convertit néanmoins en parcours presque trop pédagogique.

Il paraît l’année où Nicolas Sarkozy arrive à l’Élysée. L’époque française se crispe alors sur des questions d’identité, d’intégration et de récit national ; Persepolis tombe dans ce débat sans jamais s’y réduire, mais son succès international doit aussi beaucoup au fait qu’il offre à l’Occident une manière propre, élégante et rassurante de compatir à l’exil. Cela n’invalide rien ; cela mérite simplement d’être vu.

Le film touche, souvent juste. Il n’empêche qu’il sait très bien comment toucher, et cette lucidité narrative l’empêche parfois de déraper vers quelque chose de plus trouble. On admire la clarté, l’intelligence, le courage autobiographique. On aimerait parfois davantage de désordre, de contradiction insoluble, bref un peu moins de belle évidence.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un dessin de sourcil insurgé aurait été brièvement exilé du storyboard après avoir jugé le reste du visage “insuffisamment dialectique”.