Critique

Monty Python, sacré Graal

Titre original : Monty Python and the Holy Grail

IMDb 8.3 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 97%
Critique
Affiche de Monty Python, sacré Graal

Monty Python, sacré Graal

Sacré Graal !, en 1975, envoie les Monty Python démolir la légende arthurienne à coups de noix de coco, de paysans dialecticiens, de lapin meurtrier et de chevaliers qui disent “Ni”. Le film est souvent traité comme une évidence comique, ce qui est peut-être sa seule vraie faiblesse : on l’admire par réflexe avant même de se souvenir qu’un réflexe n’est pas un jugement. Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam se répartissent les rôles comme une cellule de démolition parfaitement organisée. Le problème, c’est qu’une fois passée l’ivresse de l’absurde, on voit aussi très bien la méthode : répétition, anti-climax, intrusion du réel, sabotage de tout prestige. Gilliam et Jones, coréalisateurs, orchestrent cela avec une précision presque militaire pour un film censé ridiculiser précisément les formes d’autorité.

1975, c’est aussi la chute de Saïgon. Le monde assiste à l’effondrement final d’une grande narration occidentale de maîtrise et de victoire ; Sacré Graal !, lui, s’acharne à saboter une autre grande narration, plus vieille et plus anglaise. Le rapprochement est tiré par les cheveux, mais il éclaire une chose : le film plaît tant parce qu’il pulvérise une idée de l’héroïsme exactement au moment où l’époque apprend à se méfier des récits glorieux.

On rit, bien sûr. Mais on rit parfois comme dans un cours de culture pop bien connu, à l’avance rassuré par la réputation géniale du matériau. Le film demeure très drôle ; il est aussi devenu si canonique que son anarchie se regarde désormais dans un miroir de musée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une noix de coco de secours aurait été brièvement séparée de sa moitié pour “abus d’improvisation sonore” après avoir ruiné une prise jugée insuffisamment médiévale.