Critique

Amadeus

IMDb 8.3 / 10
Allociné 4.5 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Amadeus

Amadeus

Amadeus, en 1984, raconte la jalousie supposée de Salieri face au génie insolent de Mozart, à travers les regards de F. Murray Abraham, Tom Hulce, Elizabeth Berridge et Jeffrey Jones sous la direction de Miloš Forman. Le film a remporté tant d’honneurs qu’il semble désormais impossible de rappeler combien sa réussite repose aussi sur un goût très étudié pour le prestige. F. Murray Abraham y est formidable, certes, avec une densité venimeuse très travaillée ; Tom Hulce fait de Mozart une tornade puérile dont l’excès finit parfois par ressembler à un concept plus qu’à un être. Forman, qui avait dans Vol au-dessus d’un nid de coucou une cruauté plus organique, choisit ici la fresque musicale, l’opulence, la grande architecture du ressentiment.

1984 n’est pas n’importe quelle année : Orwell y revient partout comme référence facile, tandis que l’actualité occidentale se nourrit d’angoisses autour du contrôle, de la guerre froide et de la surveillance. Amadeus répond par un autre type de discipline : celle de la culture consacrée, de l’institution qui décide ce qu’est le génie et qui a le droit de s’en approcher. Le film semble dénoncer cette logique tout en en tirant un plaisir majestueux.

Le spectacle est brillant, intelligent, spectaculaire même. Il l’est peut-être trop. Chaque émotion a la politesse de se vêtir correctement avant d’entrer en scène. Le drame se regarde souvent comme un gala de très haut niveau, ce qui n’est pas exactement la meilleure manière de sentir la saleté de l’envie.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un clavecin aurait exigé d’être accordé selon “la fréquence exacte du ressentiment”, plongeant trois musiciens et un comptable dans une querelle métaphysique.