Critique

Toy Story 2

IMDb 7.9 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 100%
Critique
Affiche de Toy Story 2

Toy Story 2

Toy Story 2, en 1999, remet Woody, Buzz et toute la troupe sur les rails d’une aventure où il est question de collection, de remplacement, de loyauté et d’obsolescence affective. John Lasseter, Ash Brannon et Lee Unkrich y orchestrent les voix de Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack, Kelsey Grammer et Don Rickles avec une maîtrise si impeccable qu’elle en devient presque impolie. Tom Hanks, évidemment parfait dans la chaleur rassurante, ne prend ici aucun risque véritable ; Tim Allen reste prisonnier d’une énergie fonctionnelle ; Joan Cusack apporte davantage de fantaisie que l’ensemble n’en autorise. Pixar, déjà sûr de son génie naissant après le premier Toy Story, affine encore le dosage des émotions jusqu’à produire une machine affective pratiquement sans couture. C’est admirable. C’est aussi légèrement suspect.

Le contexte de 1999 ajoute une ironie discrète. Tandis que la planète se préparait au bug de l’an 2000, les imaginaires technologiques s’affolaient sur l’obsolescence, les mises à jour et les fins de cycle. Toy Story 2 travaille exactement cette angoisse, mais en la rendant infiniment plus douce, plus vendable, plus enveloppée de peluche narrative. Le monde redoutait des systèmes vieillissants ; Pixar répondait avec des jouets qui craignent de ne plus être désirés. Le parallèle est malin, mais il signale aussi la manière dont le studio sait convertir les inquiétudes réelles en émotion parfaitement conditionnée.

Le film est brillant, sans doute trop. Chaque gag tombe juste, chaque retournement arrive au bon moment, chaque scène de tendresse a l’air d’avoir été testée dans un laboratoire de nostalgie. On en ressort charmé, bien sûr, mais aussi un peu impressionné par cette perfection industrielle qui ne laisse presque aucun espace au désordre. À force de vouloir toucher juste, Toy Story 2 finit parfois par ressembler à un manuel d’attachement bien relié.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un cow-boy de test aurait exigé une doublure psychologique après avoir découvert qu’il devait passer plusieurs jours enfermé dans une vitrine de collectionneur sans soutien émotionnel de la part du département storyboard.