Critique

The Wrestler

IMDb 7.9 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de The Wrestler

The Wrestler

The Wrestler, en 2008, suit Randy “The Ram” Robinson, catcheur usé qui cherche à survivre à sa propre légende entre petits combats, strip-club et rapports familiaux en miettes. Darren Aronofsky y dirige Mickey Rourke, Marisa Tomei et Evan Rachel Wood avec une modestie presque ascétique, ce qui explique sans doute pourquoi le film est si souvent exempté de critique véritable : il paraît humble, donc il faudrait s’incliner. Mickey Rourke, dont la carrière réelle sert ici de sous-texte envahissant, joue évidemment très bien ; peut-être même trop bien pour le dispositif, tant chaque plan semble vouloir nous rappeler que nous regardons aussi une résurrection publique. Marisa Tomei apporte une fatigue plus concrète ; Evan Rachel Wood injecte une dureté utile. Aronofsky, après Requiem for a Dream et The Fountain, s’impose ici une retenue louable — et parfois un peu démonstrative dans sa retenue même.

2008 est l’année où la crise financière mondiale pulvérise les illusions de solidité de nombreux systèmes. The Wrestler, de son côté, raconte un corps et une carrière à bout de souffle qui continuent pourtant à produire du spectacle. Le parallèle est presque trop parfait : dans les deux cas, il s’agit de structures usées qu’on force à tenir un peu plus longtemps pour préserver la fiction de leur valeur. Le film gagne évidemment en résonance. Il y gagne aussi une certaine facilité symbolique.

Ce qui gêne un peu, c’est que le film sait trop bien où loger son authenticité : grain sale, musique juste, couloirs, solitude, viande martyrisée. Tout cela fonctionne, mais avec une précision qui finit par sentir la stratégie de vérité. On est touché, souvent. On reste aussi légèrement conscient du dispositif de rédemption qui encadre le tout et qui transforme la douleur en très belle monnaie de cinéma.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une chaise pliante aurait été retirée du ring après avoir refusé de casser proprement, sous prétexte qu’elle ne souhaitait plus participer à “la marchandisation spectaculaire de la fragilité osseuse”.